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Japon: l'inflation ralentit en décembre, les subventions sur l'énergie aident
information fournie par Boursorama avec AFP 23/01/2026 à 07:50

( AFP / RICHARD A. BROOKS )

( AFP / RICHARD A. BROOKS )

Les prix à la consommation au Japon ont augmenté de 2,4% (hors produits frais) en décembre sur un an, marquant un ralentissement grâce à des subventions gouvernementales sur l'énergie, mais restant élevés à l'orée d'élections anticipées où le coût de la vie constituera une question centrale.

Ce chiffre de l'inflation, publié vendredi par le gouvernement, est en-deçà des 3% enregistrés en novembre, mais reste bien au-delà de la cible de 2% fixée par la banque centrale. Il est conforme à l'estimation médiane des analystes sondés par Bloomberg.

Cet essoufflement s'explique principalement par les subventions énergétiques mises en place en décembre par la Première ministre Sanae Takaichi. Sur un an, les prix de l'essence ont plongé de 7,1%, ceux du gaz de ville de 3,9%, les tarifs de l'électricité ont, eux, baissé de 2,3%.

"Les factures d'énergie des ménages ont connu de fortes fluctuations au cours de l'année, le gouvernement ayant alterné entre suppression et renouvellement d'aides financières", observe Stefan Angrick, de Moody's Analytics.

En excluant à la fois les produits frais et l'énergie, l'inflation est en fait restée quasi-stable à 2,9%, contre 3% en novembre, selon les chiffres officiels.

Les coûts de l'alimentation (hors produits frais) ont ainsi encore bondi de 6,7% sur un an. Les tarifs du riz ont gonflé de 34,3%: ces derniers sont très surveillés après avoir flambé au premier semestre 2025, avec un quasi-doublement des prix sur un an en mai/juin.

La faiblesse chronique du yen contribue à renchérir les produits importés.

Ces chiffres clés sur l'inflation sont publiés alors même que Sanae Takaichi s'apprête vendredi à dissoudre la chambre basse du Parlement, avant des élections législatives anticipées le 8 février.

Le mécontentement populaire vis-à-vis de l'inflation a largement contribué à faire tomber son prédécesseur Shigeru Ishiba.

Devenue en octobre la première femme cheffe de gouvernement dans l'archipel, Mme Takaichi s'était emparée du dossier en dévoilant en novembre un plan de relance équivalant à 117 milliards d'euros pour soulager ménages et entreprises, avec subventions énergétiques et allocations.

- Aides gouvernementales -

L'inflation s'annonce par ailleurs comme un thème central de la campagne, Mme Takaichi ayant promis au cœur de ses engagements électoraux de supprimer la taxe de 8% sur les ventes de produits alimentaires pendant deux ans - une mesure également prônée par l'opposition.

"L'inflation devrait ralentir à partir de maintenant, à mesure que les pressions sur l'offre qui ont fait grimper les prix s'atténuent et les nouvelles aides gouvernementales y contribueront", juge Stefan Angrick.

"La suppression progressive de la surtaxe sur les carburants et la reprise des subventions à l'électricité entraîneront une forte baisse de l'inflation globale au premier semestre 2026", abonde Abhijit Surya, de Capital Economics.

"Cependant, l'inflation hors produits alimentaires frais et énergie devrait mieux résister et rester supérieure à la cible des 2% de la BoJ", avertit-il, anticipant une nouvelle hausse des taux de la banque centrale en juillet.

Face à la flambée du coût de la vie et à la faiblesse chronique du yen, la Banque du Japon (BoJ) a déjà relevé mi-décembre son taux directeur au plus haut niveau depuis 1995, à 0,75%.

L'institution conclut vendredi une réunion de politique monétaire de deux jours, mais les analystes s'attendent presque unanimement à ce qu'elle maintienne cette fois le statu quo sur ses taux.

L'archipel, longtemps guetté par la déflation, est confronté depuis le printemps 2022 à une hausse soutenue des prix à la consommation, au-delà de 2%. Pour l'endiguer, la BoJ a entamé en mars 2024 un resserrement de ses taux, après 10 ans de politique monétaire ultra-accommodante.

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